Le réseau Helsinki Citizen’s Assembly (HCA)

Du « dialogue entre les deux Europe » au « dialogue des civilisations », un réseau construit sur la volonté d’échanger et de travailler ensemble.

Un réseau dans une région de crises

A l’origine, juste après la chute du mur de Berlin, le réseau HCA concevait son activité comme une plate-forme de dialogue entre les sociétés civiles des deux Europe, avec pour « centre de gravité » l’Europe centrale.

Le champ d’intervention de la majorité des personnes impliquées dans le réseau (des militants pour la paix) et l’évolution de la situation (avec les tensions ethniques en Europe du Sud-Est et principalement les guerres yougoslaves), ont déplacé l’activité vers les zones de conflits, c’est à dire vers l’Est, et le centre de gravité actuel de l’activité se situe entre Balkans et Caucase.

Aujourd’hui le réseau HCA international est principalement concerné par des actions en faveur de la paix et du dialogue dans les zones de conflits et de tension, les questions « identitaires » dans leurs relations à la citoyenneté et à la démocratie. La zone privilégiée (mais non exclusive) d’activité de HCA ces dernières années recouvre donc une région qui va des Balkans à l’Iran et concerne de plus en plus aussi l’Asie centrale. Il s’agit précisément d’une région que les théoriciens du « choc des civilisations » et de la « lutte contre l’axe du mal » présentent comme cruciale pour justifier de leurs théories et qui s’avère en fait, au contraire, un terrain fécond du « dialogue des civilisations ». Si l’on y ajoute le Machrek tout proche, cette zone est aussi le théâtre de conflits parmi les plus significatifs de la période actuelle et d’enjeux économiques et écologiques majeurs (pétrole, eau).

Dans cette partie du monde, les sociétés civiles se construisent malgré de très grandes difficultés (héritage post-soviétique ou régimes autoritaires, fondamentalismes, etc.). Mais ces nouvelles forces citoyennes manquent de partenaires, tant au niveau institutionnel que non gouvernemental, et notamment de partenaires européens.

Une histoire riche

Le réseau Helsinki Citizens’ Assembly (HCA) est un réseau non gouvernemental à but non lucratif fondé en 1990 à Prague. Il a pour volonté d’étendre le dialogue entre les acteurs des sociétés civiles en Europe de l’Est et de l’Ouest en référence aux « Accords d’Helsinki » de 1975 et aux efforts faits ensuite pour développer « par le bas », la coopération et la sécurité en Europe. Depuis sa création, HCA œuvre pour la promotion des valeurs démocratiques et le développement d’actions citoyennes en Europe.

Le réseau Helsinki Citizens’ Assembly (HCA) est un réseau d’individus, de mouvements et d’organisations qui comprend plus une vingtaine de comités et groupes et contact nationaux et entretien des relations avec des réseaux un peu partout dans le monde. Il est constitué par des militants de la paix et des droits de l’homme d’Europe (orientale et occidentale), du Caucase et d’ailleurs, avec l’appui de nombreuses personnalités. Ce réseau a développé une activité significative de solidarité avec les démocrates d’Ex-Yougoslavie, mais aussi d’autres régions des Balkans, le Caucase, la Russie, l’Asie centrale, le Maghreb.

De nombreuses personnalités ont participé à la création et aux initiatives de HCA ; responsables politiques comme Vaclav Havel, Michel Rocard, Bronisilav Geremek, Georges Papaandreou, Jack Ralite, Robin Cook, etc. ou des personnalités de la société civile et universitaires comme Sonia Licht ou Natasa Kandic (Serbie), Mient Jan Faber (Pays-Bas), Murât Belge (Turquie), Zdravko Grebo (Bosnie-Herzégovine), Perikles Korovesis (Grèce) lHilary Wainwright (Grande-Bretagne), Sareh Nusseibeh (Palestine), Amy Ayalon (Israël), Edgar Morin, Pierre Hassner, Gustave Massiah (France) etc.

Le réseau HCA est actuellement une structure polycentrique et décentralisée coordonnée par un Comité de Coordination Internationale. Les membres du réseau HCA organisent des assemblées générales ouvertes. Le réseau est actuellement présidé (portes paroles) par Mme Arzu Adbullaieva (Azerbaijan) et M. Bernard Dreano (France) qui ont succédé en 2000 à Mme Mary Kaldor (Grande-Bretagne) et M. Martin Palous (République Tchèque).

Un champ d’action particulier

Carrefour d’échanges, d’expériences et de débats, le réseau HCA tient notamment des assemblées avec plusieurs centaines de participants (Prague 1990, Bratislava 1992, Ankara 1993, Tuzla 1995, Bakou, 2000) ou des conférences et rencontres plus restreintes et spécialisées (dernière en date Thessalonique, juin 2003, dans le cadre du Forum Social Grec). Il est d’autre part un terrain d’initiatives concrètes pour la citoyenneté, l’intégration européenne, la paix, la justice sociale, la démocratie et les droits de l’Homme, en particulier dans les zones de conflit comme en ex-Yougoslavie (Bosnie-Herzégovine, Kosovo), à Chypre ou dans le Sud Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). Cette « expertise » des conflits est sollicitée aujourd’hui par des groupes civiques de régions extérieures à celle du développement initial d’HCA, en particulier en Israël-Palestine, Irak, Iran, Asie centrale et Cachemire.

La dynamique d’action des groupes HCA s’enracine d’abord dans une activité « par en bas », que ce soit en matière de résolution des conflits (exemple coopération arméno-turque ou arméno-azerbaijanaise, mouvement de jeunesse en Bosnie), de construction de la démocratie locale (ex : Géorgie), d’antiracisme (ex : Moldavie), de développement durable (ex : Monténégro, Moldavie, etc.). Ces initiatives « par en bas » nourrissent les interpellations des responsables locaux ou des gouvernements (ex : le « pacte citoyen dans les Balkans », évaluation permanente du pacte de stabilité de l’Europe du Sud Est, ou le travail fait avec d’autres par rapport à la Convention Européenne) et les membres de HCA ont développé une certaine expertise dans ce domaine qui doit être diffusée dans le mouvement altermondialiste actuel.