Séminaire de l’AEC à Kiev : « Les personnes déplacées en Ukraine : après l’urgence, quelles perspectives ? »

Les 2 et 3 avril derniers, l’Assemblée européenne des citoyens a organisé à Kiev un séminaire sur les problématiques soulevées par le phénomène de déplacement massif de population. Ce séminaire a été réalisé en partenariat avec les associations ukrainiennes de la « Maison des gens libres » (Vostok-SOS, Crimea-SOS, Nouveau Donbass et le Centre pour l’emploi des gens libres), toutes dédiées à l’aide aux personnes déplacées.

Les associations ukrainiennes venant en aide aux déplacés se trouvent dans un moment charnière. Beaucoup se sont formées dans les premiers mois de la guerre dans l’est de l’Ukraine et après l’annexion de la Crimée pour répondre à l’urgence en fournissant de l’aide humanitaire et en mettant en place des « hot-lines ». Aujourd’hui, si la guerre n’est pas finie, l’urgence n’est plus la même et les associations cherchent à inscrire leur action dans une vision à plus long terme. Parmi les défis suscités par les déplacés internes dans le pays, on compte notamment leur intégration dans les communautés d’accueil, l’adaptation du cadre juridique, l’attribution de droits et la garantie des droits existants.

L’Assemblée européenne des citoyens a proposé de mettre en lien ces associations ukrainiennes et les partenaires de son réseau familiers des problématiques du déplacement interne de population au travers de l’organisation de ce séminaire. Le but était de favoriser l’échange d’expérience, d’offrir un espace de dialogue entre des acteurs ukrainiens faisant face aux mêmes difficultés et de mettre en œuvre la solidarité des sociétés civiles.

Le programme du séminaire : Programme séminaire AEC

L’Assemblée européenne des citoyens a invité des intervenants de Serbie, Géorgie et France :

– Iulia Kharashvili, responsable de l’association de femmes déplacées « Consent » en Géorgie. Elle possède une grande expérience dans la résolution des questions induites par les déplacements internes de population et a notamment travaillé au sein du Ministère géorgien des réfugiés et de la réinstallation.

– Sinisa Volarović de l’association serbe « Groupe 484 » travaillant sur les personnes déplacées et les politiques publiques les concernant, et également très engagée sur les thématiques d’éducation et de sensibilisation des jeunes.

– Juan Boggino et Diana Kolnikoff, psychologues clinicien-psychanalystes de l’association TRACES travaillant sur la réhabilitation des victimes de conflit et de répression politique.

– Alexandra Koulaeva, responsable de la section Europe de l’Est et Asie centrale
de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme.

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Les participants ukrainiens étaient membres d’associations travaillant directement avec les déplacés internes, que cela soit à Kiev, Kharkhiv, Lviv, Oujhorod, Dnipropetrovsk, Khramatorsk… Ils étaient une trentaine.

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Les discussions ont permis d’aborder les questions juridiques, sociales et psychologiques touchant les déplacés. La thématique de l’Histoire comme cause de conflit a également été développée, grâce notamment à l’intervention d’un membre de l’association ukrainienne des professeurs d’Histoire. Cela a ouvert les échanges sur l’éducation et les écoles, à la fois dans l’est et dans le reste de l’Ukraine.

A la fin des deux jours, les participants ont élaboré des recommandations et commencé à envisager les possibles formes d’une collaboration future.

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